Quiconque a essayé de faire tourner deux, trois Raspberry Pi ou plus en même temps connaît le résultat : un enchevêtrement de câbles USB, des multiprises surchargées et la crainte permanente qu’une alimentation instable finisse par corrompre les cartes SD ou faire planter le cluster au pire moment. C’est le lot commun des amateurs de home lab, de clusters maison ou de déploiements edge.
La bonne nouvelle : des solutions existent. Il suffit de savoir ce qui est disponible et de choisir ce qui correspond à ton usage.
Pourquoi l’alimentation est plus critique qu’on ne le croit
En conditions réelles, un Raspberry Pi peut consommer entre 600 mA et bien au-delà de 1,5 A sous 5 V, selon le modèle et les périphériques branchés. Multiplie ça par huit, douze ou vingt cartes et tu gères des courants significatifs. Alimenter un Pi en sous-tension ne le ralentit pas simplement : ça provoque des brownouts, de la corruption de système de fichiers et des comportements erratiques difficiles à diagnostiquer.
Avant tout, fais le calcul. Détermine la charge maximale par carte, ajoute une marge de 20 à 25 % et dimensionne ton alimentation sur cette base. C’est évident en théorie, mais c’est pourtant l’erreur la plus fréquente dans la conception d’un rack.
Option 1 : les hubs USB alimentés (la voie économique)
Pour un petit groupe de quatre à six Pi, un bon hub USB alimenté peut suffire. Le mot clé est « bon ». Beaucoup de hubs affichent 60 W sur l’emballage mais distribuent le courant de façon inégale entre les ports, avec une puissance correcte sur les premiers et un filet en bout de chaîne.
Cherche des modèles qui indiquent un courant garanti par port et qui embarquent une régulation sérieuse. Si tu envisages de concevoir des boîtiers sur mesure ou une carte de distribution pour intégrer ces hubs proprement dans un rack, il peut être utile de passer par un fabricant de PCB en Lituanie capable de produire des petites séries avec précision et des délais courts.
Cette approche convient bien à un setup de développement, mais elle passe difficilement au-delà de six unités.
Option 2 : une alimentation 5 V haute intensité (le bon compromis)
C’est la solution que choisissent la plupart des builders sérieux. On branche une alimentation 5 V DC de qualité, comme une MeanWell de 20 A ou 30 A, et on alimente toutes les cartes depuis cette source unique. La connexion se fait via les broches GPIO (broches 2 ou 4 pour le 5 V, broche 6 pour la masse) ou via une carte de distribution dédiée.
Avantages et inconvénients
- Les avantages sont concrets : alimentation plus propre, surveillance simplifiée, moins de points de défaillance et un coût par carte bien inférieur à des chargeurs individuels.
- L’inconvénient : si l’alimentation lâche, tout le cluster tombe. Si la disponibilité est importante, prévois deux alimentations en redondance.
Quand on conçoit une carte de distribution sur mesure pour ce type de setup, les délais de fabrication comptent. Des services comme WellPCB Romania proposent de la production en petite série sans les délais habituels de l’industrie. Autant bien faire la carte du premier coup pour éviter les allers-retours.
Option 3 : le PoE (Power over Ethernet)
Si tes Raspberry Pi sont compatibles PoE (avec le HAT officiel ou un modèle tiers), tu peux supprimer les câbles d’alimentation et faire passer courant et données par un seul câble Ethernet par carte. Le switch PoE gère la distribution et le rack est nettement plus rangé.
La contrepartie : un switch PoE de qualité avec huit ports ou plus coûte cher, et les HAT ajoutent un coût et un encombrement à chaque carte. Ça se justifie dans un déploiement professionnel où la gestion des câbles et l’esthétique comptent. Pour un lab perso avec un budget serré, c’est moins évident.
Option 4 : backplanes et châssis cluster dédiés

À partir d’une vingtaine de Pi, on commence à regarder du côté des châssis conçus pour les clusters, avec distribution d’alimentation intégrée. Des produits comme le DeskPi RackMate ou les cartes Turing Pi gèrent l’alimentation et parfois même le switching directement sur le backplane.
Si tu préfères concevoir le tien, un backplane PCB sur mesure reste la solution la plus propre. Des services de fabrication PCB rapide permettent de recevoir des cartes en quelques jours quand le planning est serré.
Quelques conseils pratiques
- Utilise des câbles de section suffisante. Un fil trop fin chauffe et génère des chutes de tension sous fort courant. Pour des lignes qui alimentent plusieurs cartes, de l’AWG 18 ou plus épais est un minimum raisonnable.
- Prévois une protection par carte. La défaillance d’un Pi ne doit pas faire tomber tout le rack. Des polyfuses ou des porte-fusibles en ligne par branche sont une assurance peu coûteuse.
- Étiquette tout. Tu t’en féliciteras la troisième fois où tu dois remonter un câble non identifié dans un rack serré à minuit pour trouver la carte qui pose problème.
- Surveille ta tension. Un simple afficheur de tension en ligne ou un HAT de monitoring sur un Pi permet de détecter un problème d’alimentation avant qu’il ne devienne une perte de données.
Trouver la bonne approche pour ton setup
Il n’y a pas de réponse universelle. La bonne solution dépend de la taille de ton installation, de ton budget et de ta tolérance aux pannes. Un petit cluster de développement peut très bien tourner avec un hub de qualité. Un déploiement edge en production mérite une alimentation 5 V avec redondance, fusibles et supervision.
L’essentiel est de réfléchir à l’alimentation avant de remplir le rack, pas quand quelque chose lâche au mauvais moment. Calcule bien, utilise du matériel sérieux et prévois de la marge. Tes Pi et ta tranquillité d’esprit te le rendront.
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