Selon cnx-software, l’Alliance for Open Media (AOMedia) prévoit de publier la spécification du codec vidéo ouvert AV2 d’ici la fin de l’année. Ce codec constitue une mise à jour importante par rapport à l’AV1 courant, avec des économies de bande passante atteignant jusqu’à 40 % tout en maintenant un niveau de qualité similaire.
AV2 : 40 % de bande passante réduite par rapport à AV1 et une qualité préservée
Durant cette période, Debargha Mukherjee, ingénieur principal chez Google, a présenté un rapport d’avancement sur AV2, intégrant une perspective historique qui retrace l’évolution des codecs vidéo numériques de 1990 à 2030. Les objectifs d’AV2 ont été clarifiés, en passant en test ses exigences et les outils de codage développés jusqu’à présent. Pour des détails supplémentaires, vous pouvez consulter la vidéo de onze minutes qui résume la présentation.

AV2 sera lancé très bientôt, contrairement à H.267, le codec propriétaire, qui n’est pas attendu avant 2030. Le support pour H.266 demeure limité, ce qui soulève des questions quant à l’éventuelle sortie de H.267.
Le développement d’AV2 a été initié en 2020, avec pour ambition de réduire la bande passante de 40 % par rapport à AV1, tout en limitant la complexité du décodeur à un maximum de deux fois celle d’AV1, afin de garder les coûts du décodeur matériel abordables. Les outils ainsi que le code source de l’implémentation de référence d’AV2 sont accessibles sur GitLab.

Des performances inégalées : AV2 face à ses concurrents et vers une compression accrue
Debargha présente également les avancées d’AV2 en matière de compression. Bien qu’AV2 ne soit pas un codec d’intelligence artificielle, il s’appuie sur certains outils basés sur des données, ce qui lui vaut le titre de « codec hybride conventionnel ». Il aborde les innovations en matière de compression intrapix et inter-images, ainsi que les transformations et filtres. Ces détails peuvent sembler arides pour ceux qui ne sont pas bien versés dans les dernières évolutions en traitement vidéo.

AV2 se distingue par une « conception matériellement efficace », suggérant qu’il est plus complexe qu’AV1, nécessitant davantage de ressources. Cependant, les ingénieurs ont minimisé les impacts sur la bande passante, la RAM et l’espace de stockage. Significativement, AV2 améliore le codage sans perte et permet une synthèse de grain de film remarquablement supérieure par rapport à AV1, tout en prenant en charge de nouveaux formats Chroma (YUV) tels que 4:2:2 et 4:4:4, en plus du traditionnel 4:2:0.

En conclusion, la présentation aborde les performances d’AV2. Les objectifs sont-ils atteints ? Selon les résultats des tests de mise à l’échelle, AV2 exige environ 30 % de bande passante en moins qu’une version améliorée d’AV1. Les métriques PSNR et VMAF (développé par Netflix) sont utilisées pour évaluer cette performance. Les résultats sont très encourageants.

Pour ce qui est des évaluations subjectives de la performance d’AV2, Google a mené des tests en plaçant des participants devant deux écrans identiques, leur permettant de choisir des vidéos AV2 et AV1 en 4K UHD. Les résultats sont impressionnants, indiquant qu’en moyenne, AV2 nécessite 38 % de bits en moins par rapport à AV1 pour une qualité perçue similaire, avec un échantillon où le taux de bits chutait jusqu’à -50,63 %.

Enfin, le webinaire d’AOMedia intitulé « L’avenir de l’innovation est ouvert » est disponible ci-dessous, offrant une vue d’ensemble de 1 heure et 22 minutes, dont la présentation sur AV2 ne dure que 11 minutes.

